J'aime les Îles-de-la-Madeleine. La première fois, c'était en plein hiver ; j'ai trouvé ça magnifique (les plages surtout) mais sans plus. La deuxième fois (en plein été) mon coeur a fondu et ma tête a sauté. La folie insulaire, le regard dans le vide, constamment entouré d'éternité. Quand on ne voit pas le fin de l'horizon, quand notre regard ne rencontre aucun obstacle, on fixe concrètement l'infini.
J'aime l'étrange spécificité des Îles, la quasi absence de mammifères (outre les souris, écureuils, renards et coyotes, tous venus par bateaux ou ayant traversé la mer gelée), j'aime le stress que j'y ressens, cette petit inquiétude : « si ça tourne mal, si le monde sombre dans le chaos, cet endroit s'éteindra seul, lentement, en silence ». J'aime cette grande solitude, isolement mêlé d'une proximité avec les humains présents. On est tous dans le même bateau, le même archipel.
Dans l'eau, sur terre.
